La fiscalité du PER individuel, ou PERIN, repose sur un principe simple mais qui produit des effets différents selon les choix effectués par le titulaire : les versements peuvent être déduits du revenu imposable au moment de leur versement, en contrepartie d’une imposition plus élevée à la sortie. Comprendre ce mécanisme est essentiel pour optimiser son épargne retraite et anticiper l’imposition future de son capital ou de sa rente.
Le principe général : une fiscalité en miroir
Le PERIN fonctionne selon une logique de tunnel fiscal : ce qui n’est pas imposé à l’entrée est imposé à la sortie, et inversement. Concrètement, à chaque versement, le titulaire choisit librement de déduire ou non le montant versé de son revenu imposable de l’année.
La fiscalité à l’entrée : la déduction des versements
Les versements volontaires effectués sur un PERIN sont déductibles du revenu net global, dans la limite d’un plafond annuel. Pour un salarié, ce plafond correspond au plus élevé des deux montants suivants : 10 % des revenus professionnels de l’année précédente, retenus dans la limite de huit fois le plafond annuel de la sécurité sociale, ou un montant minimum forfaitaire fixé chaque année par l’administration fiscale.
Les plafonds non utilisés une année peuvent être reportés sur les trois années suivantes, ce qui permet de lisser les versements en fonction des variations de revenus ou de la tranche marginale d’imposition du foyer fiscal.
Pourquoi renoncer à la déduction peut être pertinent
Le titulaire n’est jamais obligé de déduire ses versements. Il peut choisir de ne pas les déduire, en particulier lorsque sa tranche marginale d’imposition est faible ou nulle, l’avantage fiscal à l’entrée étant dans ce cas limité voire inexistant. Ce choix se répercute directement sur la fiscalité applicable à la sortie, qui sera alors nettement plus favorable.
La fiscalité à la sortie en capital
Au moment de la sortie en capital, le traitement fiscal dépend de l’origine des sommes :
- la part correspondant aux versements ayant été déduits à l’entrée est imposée au barème progressif de l’impôt sur le revenu, sans abattement, au titre des pensions
- la part correspondant aux versements n’ayant pas été déduits à l’entrée est exonérée d’impôt sur le revenu
- les plus-values générées par l’ensemble des versements, qu’ils aient été déduits ou non, sont soumises au prélèvement forfaitaire unique de 30 %, sauf option pour le barème progressif si celle-ci est plus avantageuse
La fiscalité à la sortie en rente viagère
Si le titulaire opte pour une sortie en rente viagère, le traitement fiscal diffère également selon l’origine des versements :
- la rente issue de versements déduits est imposée selon le régime des pensions de retraite, avec l’abattement de 10 % applicable à ce type de revenu
- la rente issue de versements non déduits est imposée selon le régime des rentes viagères à titre onéreux, avec un abattement dépendant de l’âge du titulaire au moment du premier versement de la rente, cet abattement étant d’autant plus important que le titulaire est âgé
Dans les deux cas, la part imposable de la rente reste également soumise aux prélèvements sociaux applicables aux revenus du patrimoine ou de remplacement, selon la nature de la rente.
Le cas particulier du débrocage anticipé pour achat de résidence principale
Le déblocage anticipé pour l’acquisition de la résidence principale suit un régime fiscal spécifique. Le capital correspondant à des versements déduits est imposé au barème progressif de l’impôt sur le revenu, tandis que les plus-values restent soumises au prélèvement forfaitaire unique. Les autres cas de déblocage anticipé, comme l’invalidité ou le décès du conjoint, bénéficient en revanche d’une exonération d’impôt sur le revenu pour la part en capital, seules les plus-values restant soumises aux prélèvements sociaux.
Prelèvements sociaux : une hausse à surveiller
Sur les plus-values, le prélèvement forfaitaire unique se compose de deux volets : l’impôt sur le revenu à 12,8 % et les prélèvements sociaux, dont le taux a été relevé à 18,6 % pour les gains réalisés à compter du 1er janvier 2026, portant le PFU global à 31,4 % contre 30 % auparavant. Ce point mérite d’être vérifié chaque année auprès de son assureur ou de son conseiller, les taux de prélèvements sociaux étant susceptibles d’être ajustés par les lois de financement de la sécurité sociale.
Bien choisir sa stratégie de déduction
Le choix de déduire ou non ses versements doit s’apprécier en fonction de la tranche marginale d’imposition actuelle du titulaire, de celle anticipée à la retraite, et de l’horizon de sortie envisagé. Un contribuable fortement imposé pendant sa vie active, qui anticipe une baisse significative de ses revenus à la retraite, a généralement intérêt à déduire ses versements. À l’inverse, un contribuable faiblement imposé peut privilégier la non-déduction pour bénéficier d’une sortie fiscalement allégée.
Questions fréquentes
Faut-il déduire ses versements PERIN ?
Cela dépend de la tranche marginale d’imposition : un contribuable fortement imposé pendant sa vie active a généralement intérêt à déduire, tandis qu’un contribuable faiblement imposé peut préférer la non-déduction pour une sortie moins taxée.
Quelle est la fiscalité de la sortie en capital du PERIN ?
La part correspondant à des versements déduits est imposée au barème progressif sans abattement, la part non déduite est exonérée d’impôt sur le revenu, et les plus-values sont soumises au prélèvement forfaitaire unique.
Quel est le taux du prélèvement forfaitaire unique en 2026 ?
Le PFU s’élève à 31,4 % sur les gains réalisés depuis le 1er janvier 2026 (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux), contre 30 % auparavant.